Bonjour à tous,
J'aborde la dernière ligne droite, déjà. 3 Mois que je suis ici et je n'ai pas vu le temps passé. Il a défilé à une vitesse incroyable, me clouant sur place. Je regarde derrière moi et j'ai déjà
que des souvenirs nostalgiques.
Ce n'est pas fini, c'est sûr, il me reste un mois. Puis, encore bien d'autres lorsque je reviendrai ici à la fin de l'été. Mais quand même, voilà, le temps a passé. Les journées se suivent sans se
ressembler, et c'est bien là la première fois de ma vie.
Je me souviens de mon arrivée, le sol était glacé et le mercure affichait un bon -15°C. J'ai connu l'hiver rigoureux, -30°C, les pieds gelés, la recherche d'un appartement, la découverte d'un
nouveau monde, la rencontre de nouvelles personnes.
Parfois la solitude, surtout au début. Pas qu'elle fut difficile, au contraire, je pense même qu'elle était essentielle. D'abord pour faire le bilan avec soi-même, puis aussi pour construire son
avenir, seul, sans être influencé par quiconque.
Puis les marques arrivent très vite, j'ai pris mes repères. il a fallu quelques soirées, quelques rires. Le quotidien est devenu palpitant, enthousiasmant, rayonnant dirai-je.
J'ai connu le temps ou la neige a commencée à fondre, puis rechuter subitement. J'ai connu une tempête en plein mois de mars, j'ai vécu des pannes de métro, les examens à la fac, l'ouverture d'un
compte en banque. J'ai acheté un téléphone sur place, fais mes courses pour remplir le frigo, je me suis plusieurs fois trompé de bus, de rue, avant de pouvoir enfin reconnaître.
Maintenant, j'ai l'impression d'être chez moi. Chaque jour qui passe, même dans la découverte, flotte au dessus de moi le parfum du quotidien que je me suis créé. Celui-là, personne ne me l'impose,
je le vis chaque moment, parce que je le décide.
Partir loin, faire ce choix, c'est se décider seul à vivre une aventure. Tout se provoque, se vit, se déguste. Les gens que l'on croise, ceux que l'on décide de revoir, d'apprécier, on le décide
seul.
N'est-ce pas là la vie elle même ? Ne devrait-on pas pouvoir avoir le choix ?
En tout cas, avant qu'on ne me reprenne tout ça, j'ai décidé de le vivre instantanément. Rien ne m'échappe et j'essaye d'être partout à la fois. C'est parfois fatigant, éprouvant, ou même stupide.
Mais c'est un morceau de vie que je fabrique de mes propres mains; Je ne suis pas prêt à le laisser filer.
3 mois, c'est long pour ceux qui sont resté sur le port, mais tellement court pour celui qui navigue...
Encore 1 mois et mon bateau va accoster. J'espère qu'il ne restera pas trop longtemps, ancre à la mer. La cheminée encore fumante, prête à jaillir. Ce jour là, sera celui du départ, un nouveau
départ. Je dirai à nouveau aurevoir à ceux que j'aime, pour rejoindre la terre de la découverte.
Elle ne sera plus la même, ne me sera plus inconnue. Pourtant, mon coeur battra toujours autant. Montréal, je te retrouverai...