C'est fait. Une nouvelle chose est à présent derrière moi.
C'est dingue, presque impossible à s'imaginer encore aujourd'hui. Big Apple, l'immense, l'impalpable cité, poumon d'une Amérique dominatrice de cette planète. Il y'a quelques jours, je foulais le
sol de cette terre rêvée de tous, même inconsciemment. Qui n'a jamais voulu poser pied à New York ? Terre de presque tous les films américains, de presque toutes les idées les plus folles, de
presque toutes les questions ?
Des questions que l'on pose à foison à ceux qui parmi nous, ont eu la chance d'y aller. Des questions d'ordre: "Et alors, c'est grand comment ?" ou "Et t'as vu des grattes-ciel ?" mais encore "Et
c'est vrai qu'il y'a plein de taxis ??"
Tout ça c'est vrai, mais bien plus encore.
NYC, pour les intimes, c'est un peu trop petit pour être un pays mais bien plus grand qu'une ville. Un étalage de buildings, à perte de vue. Si bien qu'un new Yorkais lui-même serait incapable de
redéfinir les contours de son lieu d'habitation. Impossible, en haut de l'Empire State Building, perché 86 étages au dessus du sol, de savoir ou l'on vit, de savoir qui l'on est.
Une poussière, un grain de sable perdu dans un horizon bien trop grand pour l'Homme. La ville bouge à mille à l'heure, jamais le temps de prendre un café, non, jamais.
Juste des milliers de cafés, de bars, de restaurants bondés qui voient passer puis s'envoler des milliers de personnes chaque jour. Personne n'a de visage, tout le monde est illustre inconnu
ici.
Pourtant, cette ville possède une âme. Quelque chose d'intouchable, d'insaisissable, qui fascine, émeut, tend à nous faire apprécier chaque recoin, si tant est qu'ils existent. Oui, pas un recoin,
des millions. Au détour de rues dont on n'imagine même pas qu'elles ont une fin. Des avenues grandes comme des petits pays, un ciel qui n'existe pas, couvert par les hauteurs de buildings
perpétuels...
NYC c'est justement une ville construite sur des grattes-ciel. Ils sont les meubles d'une chambre aussi grande qu'une région française entière. Parfaitement fondus dans le décor. Décor
époustouflant fait d'assemblage de couleurs, de sons, d'odeurs. Des écrans géants qui diffusent le monde, qui observent un peu partout sur la planète, une humanité en mouvement.
Des images qui se bousculent, qui plongent n'importe qui dans un trip sans fin. On croit parfois au rêve, on se dit que tout ça n'est pas vrai. Pourtant, même en se pinçant fort on remarque les
marques laissées sur le corps par les doigts et autour de soi tout est gigantesque. Ce n'est pas un rêve. Bon dieu, je me suis pincé fort, j'ai mal.
Grandiose, le poumon du monde.
Toujours en activité, comme les Geysers qui sortent des entrailles de la terre. Au Japon, en Islande, les entrailles font montre d'une spectaculaire régularité. La terre vit, et comme un Homme,
possède des artères, des veines, des organes vitaux.
New York, assurément, représente la respiration vue sous l'angle du réflexe. On ne réfléchit pas à respirer, c'est naturel, systématique. C'est ici que tout se joue, le destin de milliards de
gens.
Si le poumon ne respire plus, plus personne ne trouve l'air.
Le monde bouge, et le monde c'est presque New York.
Il faut être sportif, surhomme peut-être pour vivre ici. Tout le temps quelqu'un devant soi, derrière, à côté. Jamais seul, jamais unique. Des millions de visages qui s'observent, se croisent, se
touchent. Pas de dernière goutte dans la bouteille pour se rafraîchir. Juste des vagues entières qui débordent, des instants qui ne se terminent jamais, qui se conjuguent directement au passé,
puis, recommencent.
Un spectacle sublime qui passe par plusieurs sentiments. La peur, l'euphorie, la joie, l'angoisse, le bonheur.
La peur que tout s'écroule, comme il y'a 8 ans. La peur de voir s'arrêter l'effervescence, que les vagues ne soient plus que gouttes, jusqu'à la déshydratation, la peur que l'immensité ne soit plus
contrôlable.
Puis, l'euphorie, la joie, le bonheur de voir que la terre respire, créée, cherche, bouge, innove. Il y'a toujours quelque chose à faire à NYC. Preuve que le monde bouge, preuve que tout se joue au
quotidien.
Il y'a quelque chose de réconfortant: Ne pas voir de résignation, d'inactivité.
Enfin, il est bon de voir que post 11 Septembre, un pays peut se reconstruire, aller de l'avant, faire marcher le monde pour l'avenir de l'humanité...
Michael