Salut à vous,
Cette semaine, paperasse en pagaille. Maintenant la décision prise, les possibilités financières opérationnelles, s'ajoutent à tout cela les documents administratifs.
A l'évidence, mon dernier mois en France ne va pas être de tout repos. Mais comme je ne faisais pas grand chose jusqu'à présent, à la limite, ça me fait de l'occupation.
C'est une bonne occasion pour faire le bilan sur sa vie, chercher les informations qui intéressent les services de l'immigration est un plaisir additionné à un peu d'angoisse. Je conserve la peur
que mon ultime requête soit retenue négativement. A priori, je possède tout ce dont on me demande pour partir, mon plus beau visage sur les photos, les conditions pour immiger, et séjourner
quelques temps en terre Québécoise. Alors, ne devrais-je pas être confiant ?
A l'évidence, oui. Mais tant que je n'ai pas tout en ma possession, on peut dire que quelque part, je ne suis pas tout à fait rassuré.
Soit dit en passant, j'imagine que les demandes pour étudier en terre étrangère, quelque soit l'endoit ou l'on vit et l'ou veut aller, n'est jamais une très mince affaire.
Quelque part, c'est aussi rassurant de se dire que l'on entre pas n'importe comment, n'importe ou.
Mais bon, je raisonne aussi en me disant que j'ai le profil typique du bon citoyen. Les services de police ne me connaissent même pas, je fais mon chemin peinard sans emmerder le monde. Pour une
fois que je demande quelque chose, je dois pouvoir être en mesure de l'avoir non ?
Bon, il est aussi clair que l'immigration n'est pas une loterie. (Sauf peut être chez l'Oncle Sam ^^) Alors on va étudier ma proposition assidûment, puis on me transmettra la réponse.
A moi ensuite d'en assumer les conséquences. Bonnes ou mauvaises d'ailleurs. Positivement, je m'envole et fait mon chemin chez les castors (un peu de cliché ne tue personne ^^), négativement, je
reste dans le pays des râleurs et des casse-pieds (oui oui, toujours du cliché) puis je mets une fessée à mon existence pour trouver des choses utiles à faire ici.
Non, ma vie n'est pas si triste que ça, j'ai des choses qui me passionnent (Quelqu'un a dit cinéma ?) et ne pas partir ne mets pas fin à mes jours. Cependant, ne pas partir, c'est aussi rabacher
le même quotidien perpetuellement, c'est assommer mon rêve d'évasion et d'ouverture sur le monde, c'est planter l'épée de Damoclès sur ma jeunesse en mal d'émotions fortes et du goût de
l'aventure.
C'est en quelque sorte remettre en cause mes fondements intérieurs, mes besoins, à un moment de ma vie. Alors plus dure serait la chute.
Positivement, c'est tout ça, mais sans le négatif. C'est à dire que ça m'offre l'opportunité peut être unique dans une vie de tenter sa chance autre part. Pas définitivement, ici, c'est
temporaire, mais de m'ouvrir à une nouvelle culture, un nouvel envol, de nouveaux espoirs.
On me dit que le Canada, et dans une moindre mesure le Québec, est une bonne chose pour celui qui se veut un avenir plus sûr. Plus sûr qu'ici, en tout cas. Alors pas nécessairement dans le monde
du cinéma, j'en ai conscience (en témoignent les productions nationales, moins florissantes qu'en France) mais au moins, on m'écoutera sûrement. Puis pour le coup, il ne s'agit que du temps de
mon cycle d'études.
Je vais certainement rencontrer des gens passionnés, comme moi, qui en plus de m'apporter des choses sur un plan professionnel, m'apporteront des choses sur un plan social et humain.
Toute expérience à l'étranger étant un atout majeur sur un CV, ou dans le cadre d'une recherche d'emploi, je suis à peu près sûr d'être plus gagnant en partant, qu'en restant.
Je ne vise ici aucunement mes relations amicales, amoureuse, ou familiale. Au contraire, le déchirement de laisser tout ça sur place est presque incompatible avec l'envie de partir. Et pourtant,
on vit d'abord pour soi avant de vivre pour les autres, non ?
Et si l'on sent qu'une opportunité est bonne pour sa construction personnelle, alors je pense qu'il faut sauter le pas. En déplaisent à ceux qui préfèrent nous voir rester. Le temps est un
facteur sensitif. Il ne fige pas les possibilités. Aussi, il n'est pas non plus fataliste. Nous avons le choix pendant que le temps passe, de faire les choses ou non, c'est dans un avenir proche
qu'on en mesure les conséquences, difficile de les prévoir avant cela.
Aussi, je me veux rassurant quant à mon retour au pays. Je n'aurais pas changé, je serais juste plus rassasié d'évasion, et aurais indéniablement appris des choses, qui m'auront construite.
Bon, fin du conditionnel, place à l'avenir, mais surtout, pour le moment, place au présent et la douloureuse et pénible attente de tous les éléments qui entraîneront le positif.
A tout bientôt,
Michael